L'Homme précaire et la Littérature

L'Homme précaire et la Littérature

André Malraux

Language: French

Pages: 558

ISBN: B01K2O238K

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


L'Homme précaire est à la littérature ce que La Métamorphose des dieux est aux beaux-arts.

Malraux propose d'appliquer à la littérature la périodisation de l'histoire de l'art qu'il avait dégagée pour renouveler notre expérience des œuvres : une première période de figuration d'un surnaturel invisible, objet de prière et de dévotion ; une deuxième, à partir de la Renaissance, au cours de laquelle l'art visait à représenter le monde réel, pour s'approcher toujours plus de l'illusion ; mais plus cette illusion était poussée, plus elle occultait l'acte créateur, qui, dans un troisième temps et grâce à la rupture initiée par Manet, devint désormais l'essentiel.

Appliquée à la littérature, cette tripartition en bouleverse notre conception. La fiction est la notion pivot qui permet de distinguer respectivement les trois moments. Elle est, pour chacun d'entre nous, une expérience majeure : parce qu'elle nous fait vivre par procuration une vie, c'est-à-dire un temps autre que le nôtre, elle porte plus loin qu'un simple divertissement.

500 Years of Illustration: From Albrecht Dürer to Rockwell Kent

Cut With the Kitchen Knife: The Weimar Photomontages of Hannah Höch

Shadows: The Depiction of Cast Shadows in Western Art

Puppet: An Essay on Uncanny Life

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

moins possible parce que nous feignons de confondre art et connaissance, de croire que celui qui n’admire pas Phèdre en est empêché, par l’ignorance, la pauvreté, le manque de loisirs, etc. Et peut-être, que la métamorphose n’existe pas... Ces obstacles levés, ou supposés tels, un nombre de plus en plus grand d’œuvres devient accessible à un nombre de plus en plus grand de lecteurs et de spectateurs. Mais à partir du moment où ce public ne se définit plus par un privilège, il devrait se confondre

l’exécution des œuvres d’art, est une aptitude reconnue : un mauvais joueur ne sacrifie pas sa vie au rugby. Que veut dire : un grand joueur méconnu ? L’idée de don, celle d’habileté apportent l’illusion de résoudre les plus complexes problèmes de l’art, par analogie avec des problèmes clairs qui leur sont étrangers : le négociant veut réussir une affaire, le poète voudrait � réussir » un poème. Dans quelques pays, en France notamment, le talent reconnu apporte une promotion sociale. D’où :

et La République des professeurs (1927) présentaient déjà les trois institutions qui, après la Grande Guerre, jouèrent un rôle dans la consécration littéraire — la critique des professeurs, celle des artistes et celle que Thibaudet appelle spontanée ou parlée, qui recouvre la critique journalistique faite au jour le jour. En 1933, Thibaudet explique, dans � Le Maurrasisme et la Retraite de la critique universitaire », pourquoi cette dernière a perdu son prestige au profit de la � critique

MOLINET, Jean : 1 MONNALisa : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7 MONNIER, Henri : 1, 2, 3 Monod, Jacques : 1 MONTAIGNE, Michel de : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18 MONTALVO, Garci Rodríguez de : 1 MONTESQUIEU, Charles Louis de Secondat, baron de La Brède et de : 1, 2 MONTEVERDI, Claudio : 1, 2, 3 MONTHERLANT, Henry de : 1 MORÉAS, Ioánnis A. Papadiamantópoulos, dit Jean : 1 Moreau, Frédéric (in L'Éducation sentimentale de Flaubert) : 1, 2, 3, 4, 5 MOREAU, Gustave : 1, 2,

ressuscite Vénus, quel poète égaler ? Mais l’année de la mort de Michel-Ange naîtra Shakespeare, et la peinture, après Rembrandt, ne redeviendra plus le refuge royal du poème. Ce n’est d’ailleurs ni la poésie lyrique, ni le livre, qui accèdent à la gloire de la peinture : c’est le théâtre. Le seul lieu de ce temps où tout soit faux nous rappelle qu’à la cathédrale, tout était vrai. On avait interdit la représentation des mistères sur les parvis au milieu du XVIe siècle34 — et le mistère n’avait

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