Commande publique

Commande publique

Renaud Camus

Language: French

Pages: 256

ISBN: 2846822026

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


L'intervention d'artistes, peintres, sculpteurs, vidéastes et plasticiens divers dans chacune des stations du métro de Toulouse est une des "commandes publiques" les plus importantes, cohérentes, conséquentes et même exhaustives dont ville du monde ait été le théâtre en les dernières décennies. Dans ce livre qui est lui-même une commande publique, Renaud Camus s'interroge sur les possibilités et les conditions de pertinence artistique et sociale de pareille entreprise dans une société telle que la nôtre.

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bonnes raisons de penser que cet art, que dans l’ensemble ils apprécient peu, ne sera pas non plus très apprécié, ni bien compris, par leurs électeurs, dont l’opinion, on le conçoit, leur importe fort. Mais il y a aussi l’Histoire, dont tout homme politique – c’est ennuyant, cette question du genre : homme politique n’est ni exact ni politiquement correct, politique substantivé sent l’affreux charabia administratif, comment faut-il dire, comme peut-on écrire : individu politique, personne

pour la plupart, et en rendraient bien davantage si on ne leur en voulait, sans le dire, et peut-être sans le savoir, d’être trop solides, justement, trop sûrs d’eux-mêmes, trop affirmatifs, trop musée, en un mot – et ce mot est devenu presque une insulte. Rien ne semble plus à craindre parmi nous que la muséification, et la première chose qu’on demande à une exposition, fût-elle rétrospective, à une institution, à une installation, fût-elle dans le métro, c’est surtout de ne pas faire musée, de

paraissait éminemment désirable, l’impétrant ne courait pas grand risque en paraissant, et en déclarant expressément, ne pas tenir compte du vœu, exprimé par les maîtres d’œuvre, que soit évité le recours à la vidéo. Il accroissait encore ses chances déjà considérables de succès en faisant montre de conformité, en revanche, à l’idéal social proclamé des commanditaires et au thème général choisi par eux : � Avec beaucoup de lisibilité, ce projet se veut un symbole efficace de la notion de lien,

essence, que de n’être pas vues, pas comprises, pas aimées au fond d’un de ces tranquilles musées d’avant l’hyper-démocratisation culturelle, où n’entraient que les gens qui s’intéressaient à l’art. Peut-être reviendra-t-il à l’énorme opération toulousaine, si méritoire, si originale et puissante par son aspect systématique, plus systématique et exhaustif qu’en toutes celles qui ont été menées ailleurs dans le même sens, d’établir que l’étrangèreté de l’art résiste à tout, qu’il est vraiment le

public institutionnellement, montrer, fixer et sinon imposer, du moins décider. Et ce pouvoir, ou moment de pouvoir, qu’on voit s’exprimer là, il parle et montre à qui ? Aux usagers du métro, évidemment, aux voyageurs, aux travailleurs, aux citoyens : dans une démocratie idéale, qui Dieu merci, sans doute, est une utopie, il parlerait à lui-même, il contemplerait, sinon son œuvre, ce qu’il aurait lui-même décidé de se faire voir – entre les citoyens et le pouvoir il y aurait coïncidence

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